adénomyose

1. Qu’est-ce que l’adénomyose ?

Moins connue que l’endométriose, l’adénomyose touche spécifiquement l’utérus et peut provoquer de nombreux symptômes et une altération de la qualité de vie des femmes.

Dans l’adénomyose, le tissu endométrial, qui normalement tapisse la surface de l’utérus, s’infiltre dans la paroi musculaire de l’utérus, appelée myomètre. Cela peut se faire de plusieurs façons*:

  • Soit par l’intérieur de l’utérus : c’est l’adénomyose interne qui peut être diffuse ou focale,
  • Soit par l’extérieur de l’utérus à partir de lésions d’endométriose : c’est l’adénomyose externe.
  • Parfois, il se forme une cavité dans le muscle utérin, remplie de sang : on parle alors d’adénomyome kystique.

L’adénomyose peut toucher les adolescentes, les femmes en âge de procréer, mais aussi les femmes ménopausées*. Selon les études, elle serait présente chez plus d’une adolescente sur dix consultant pour des règles douloureuses, et retrouvée chez près d’un quart des femmes ménopausées opérées de l’utérus. Elle est très souvent associée à l’endométriose, ce qui complique encore plus le diagnostic*.

2. Quels sont les symptômes de l’adénomyose ?

Comme l’endométriose, l’adénomyose peut provoquer* :

  • Des douleurs pelviennes, souvent pendant les règles (dysménorrhées),
  • Des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunies),

Et parfois, aucun symptôme n’est présent, ce qui rend le diagnostic encore plus complexe, mais l’adénomyose se distingue de l’endométriose par deux caractéristiques supplémentaires* :

  • Des règles très abondantes (ménorragies), sans relation entre la quantité de sang perdu et l’intensité des douleurs. Ces pertes peuvent entraîner une carence en fer, voire une anémie, qui peut provoquer de la fatigue, un essoufflement, ou bien de la pâleur. L’adénomyose multiplie ainsi par cinq le risque d’anémie par carence en fer. Une prise de sang sera utile pour vérifier l’absence d’anémie ou de carence en fer*.
  • Des troubles majorés de la fertilité car l’adénomyose modifie la capacité de l’utérus à faciliter la fécondation et à accueillir l’implantation embryonnaire. Elle s’ajoute alors aux effets d’une éventuelle endométriose associée sur l’ovulation ou la perméabilité des trompes de Fallope*. Plusieurs études ont montré que l’adénomyose réduit les chances de grossesse, y compris avec la fécondation in vitro (FIV).

3. Comment diagnostiquer et prendre en charge l’adénomyose ?

Le diagnostic repose sur deux examens d’imagerie médicale : l’échographie, à réaliser dans un centre expérimenté, et souvent l’IRM, pour confirmer le diagnostic*.

La prise en charge vise à soulager la douleur, réduire les saignements, préserver la fertilité si besoin et corriger les éventuelles carences en fer.

Contre les douleurs et les saignements, le traitement recommandé en 1ère intention repose sur le stérilet au lévonorgestrel (52 mg), qui agit efficacement contre les douleurs et les saignements*. Et en alternative, le traitement hormonal par diénogest, qui est plus efficace que la pilule classique contre les douleur*.

La chirurgie n’est envisagée qu’en dernier recours, surtout si l’adénomyose est associée à une endométriose profonde*. Dans tous les cas, l’ablation de l’utérus (hystérectomie) n’est jamais une solution pour les jeunes femmes par rapport à un éventuel futur projet de grossesse, et aussi car elle ne traite pas les autres localisations en cas d’endométriose associée.

Le diagnostic de la carence en fer est biologique et repose sur le dosage dans le sang de la ferritine (indicateur des réserves en fer)*, et celui de l’anémie sur le dosage de l’hémoglobine dans le sang. Outre le traitement de fond de l’adénomyose, la prise en charge de l’anémie par carence en fer repose sur une supplémentation en fer par voie orale en 1ère intention ou par voie intraveineuse. 

4. Et pour la grossesse ?

L’infertilité ne concerne pas toutes les femmes atteintes d’adénomyose. Cependant, il peut y avoir de difficultés à concevoir et la procréation médicalement assistée (PMA) pourra être éventuellement être proposée en prenant toutefois en compte que la maladie réduit les chances de succès d’une fécondation in vitro*.  

Par ailleurs, il est nécessaire d’anticiper les complications de la grossesse qui sont majorée en cas d’adénomyose, tels que la prématurité, le retard de croissance du bébé, la prééclampsie (hypertension), l’hémorragie après l’accouchement, et enfin la nécessité de recourir à une césarienne*.

5. En conclusion :

  • L’adénomyose est une maladie de l’utérus fréquente mais encore trop peu connue. Elle peut provoquer des règles abondantes, des douleurs, de l’infertilité, ou à l’inverse rester silencieuse*.
  • Son diagnostic repose sur l’imagerie (échographie + IRM)*.
  • Le stérilet au lévonorgestrel est le traitement médical de première intention*.
  • Une attention particulière est portée aux risques liés à l’adénomyose, à l’infertilité et une possible anémie par carence en fer*.
  • Une prise en charge adaptée et précoce est essentielle, en particulier si un projet de grossesse est envisagé, et si besoin par PMA*.

6. Points à retenir pour les patientes :

  • L’adénomyose a des points communs avec l’endométriose mais ce n’est pas la même maladie.
  • Comme l’endométriose, elle doit être traitée par des centres spécialisés et pluridisciplinaires vous proposant les traitements hormonaux, la préservation de la fertilité, l’assistance médicale à la procréation, la chirurgie si nécessaire, ainsi que la possibilité de thérapies complémentaires comme la kinésithérapie, la diététique, et l’acupuncture.
  • En cas d’adénomyose et outre le soulagement des douleurs, le traitement vise aussi à prendre en charge les saignements et le risque d’infertilité.
  • Signalez bien tous vos symptômes aux professionnels de santé et évoquez précocement un éventuel projet de grossesse.

*Références bibliographiques

Rédaction par Dr François Verrière et relecture par Pr Michelle Nisolle