L’acupuncture, issue de la médecine traditionnelle chinoise, utilise une technique d’insertion de fines aiguilles sous la peau en des points spécifiques du corps situés sur les méridiens d’acupuncture (canaux transportant l’énergie vitale). Il s’agit de réduire la douleur, mais sans injection d’aucun produit ou médicament. Les protocoles peuvent varier, mais consistent souvent en au moins 10 séances, avec, pour chaque séance, l’insertion de 7 à 12 aiguilles pendant 15 à 25 minutes.

acupuncture

Bien que ne traitant pas directement l’endométriose, l’acupuncture contribuerait à moduler la perception de la douleur, d’une part, en optimisant la circulation sanguine dans la région pelvienne [Wang 2008], et d’autre part, en activant au niveau cérébral des mécanismes antalgiques impliquant l’adénosine, l’acétylcholine, la noradrénaline, la dopamine et certains neuromédiateurs inflammatoires [Staud 2006, Hui 2006]. D’une façon générale, l’acupuncture est bien tolérée et par ailleurs connue pour ses effets relaxants [Mira 2018]. Elle peut ainsi aider à réduire le stress et l’anxiété associés aux symptômes de l’endométriose et des dysménorrhées.

Malgré plusieurs études suggestives [Lund 2016, Rubi-Klein 2010], il est difficile de quantifier le niveau d’efficacité de l’acupuncture dans l’endométriose [Kim 2012, Zhu 2011, Smith 2016], car cette technique ne permet pas de comparaison objective en double insu, alors que le bénéfice ressenti par la patiente provient à la fois de la technique elle-même, de l’approche personnalisée de la thérapie et de la relation acupuncteur-patiente. Cependant et à titre d’exemples :

  • Une première étude exploratoire, réalisée en insu chez 67 patientes, a comparé l’acupuncture auriculaire à l’usage de phytothérapie traditionnelle chinoise. Selon une échelle à 15 niveaux évaluant les dysménorrhées de l’endométriose, la douleur a été significativement plus soulagée (de 4,81 points) par l’acupuncture que par la phytothérapie [Xiang 2002].
  • Une autre étude exploratoire, menée chez des adolescentes présentant des douleurs d’endométriose, suggère une efficacité antalgique significativement supérieure de l’acupuncture, en comparaison avec une acupuncture placebo (non pénétrante dans la peau)  [Wayne 2008].
  • Une étude plus récente, réalisée en simple insu contre une acupuncture placebo chez 106 femmes souffrant d’endométriose, a montré que la douleur des dysménorrhées mesurée par échelle visuelle analogique ainsi que la durée des douleurs pelviennes étaient significativement plus réduites par l’acupuncture après 12 semaines d’acupuncture.

Cependant, aucun avantage n’a été constaté après 24 semaines, ce qui suggère que les effets de l’acupuncture peuvent ne pas être durables sur une longue période [Li 2023].

Afin de pouvoir disposer d’une vision plus large et de réduire les incertitudes liées aux essais séparés et individuels, un regroupement des données de plusieurs études peut être réalisé par des méta-analyses. 

  • Une première méta-analyse de 13 études et portant sur 1348 patientes montre que les différentes techniques de stimulation des points d’acupuncture soulagent significativement les douleurs de dysménorrhée [Chung 2010].
  • Une autre revue de 10 études comparatives (mais non réalisées en insu), sur 589 patientes, montre que l’acupuncture pratiquée pour de l’endométriose diminuerait l’intensité de la douleur de 36% [Xu 2017].
  • Une méta-analyse récente de 15 études a montré que par rapport à une acupuncture placebo, l’acupuncture était significativement plus efficace pour réduire les douleurs de dysménorrhée, les douleurs pelviennes, les dyspareunies et améliorait la qualité de vie [Wang 2023].
  • Enfin une dernière méta-analyse des résultats de six études menées chez 331 patientes souffrant d’endométriose montre que l’acupuncture spécifique pratiquée pour les douleurs pelviennes est significativement plus efficace qu’une acupuncture placebo ou non spécifique [Giese 2023].

Malgré des données cliniques qui convergent globalement vers l’intérêt de l’acupuncture, l’hétérogénéité des techniques et la grande variabilité de réponses au traitement d’une patiente à l’autre, ne permettent pas de préconiser systématiquement le recours à cette technique pour soulager les douleurs de l’endométriose. Comme le rappelle les recommandations de la Haute Autorité de Santé et du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français [HAS – CNGOF 2017], et sans jamais remplacer les traitements médicaux conventionnels, l’acupuncture peut cependant être proposée et pratiquée par un praticien qualifié pour accompagner les patientes dans le soulagement de leurs symptômes, ainsi que le maintien de leur bien-être et qualité de vie.

Article rédigé par le Dr François Verrière et relu par le Pr M.Nisolle, CHU La Citadelle, Liège

Date de publication : Janvier 2025

*Sources bibliographiques

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